Madame la ministre des Solidarités et de la Santé, les membres du Comité des familles attendent vos réponses !

, par Sandra

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Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé
Madame la ministre des Solidarités et de la Santé, les membres du Comité des familles attendent vos réponses !

Sandra : De retour à l’émission Vivre avec le VIH, vous êtes avec Yann, Christian, Mohamed et moi-même. Et maintenant parlons politique ! Savez-vous qui est notre nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé ?

Yann : Oui, tu l’as dit tout à l’heure.

Sandra : Oui, alors, alors ?

Yann : C’est une demoiselle…

Sandra : Enfin, une madame, elle est mariée, d’après mes sources.

Yann : Tu sais, moi quand les gens font de la santé et l’a font bien, elles restent toutes des demoiselles (rires).

Sandra : D’accord, tu as oublié comment elle s’appelle.

Yann : Bazin non ?

Sandra : Presque ! Christian, Mohamed ?

Mohamed : Non, moi j’ai un peu confondu entre la santé et le handicap, donc je suis un peu confus.

Sandra : Hum, d’accord, merci d’avoir écouté l’émission ! Christian ? Mauvais élève tous les 3 ! Le bonnet d’âne, j’en ai marre ! (rires).

Mohamed : Ce n’est pas une Anne quelque chose ?

Sandra : Agnès. Agnès Buzyn. J’espère que je prononce bien. Donc, qui est-elle ? Voici ce que j’ai pris sur le site seronet.

Le professeur Agnès Buzyn, médecin hématologue, est la nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé. Ancienne présidente de l’Institut national du cancer (Inca), elle est nommée en mars 2016 à la présidence de la Haute autorité de santé, qu’elle devra quitter dorénavant. Celle qui refusa le poste à la direction générale de la Santé fut alors la première femme nommée présidente de la HAS. Agnès Buzyn est une chercheure réputée et reconnue par ses pairs. Professeure d’université en médecine à l’hôpital Necker, elle serait, selon un portrait de Libération, peu sensible à la quête du pouvoir, même si certains lui reprochent une forme de souplesse face aux liens d’intérêts devant les experts et les laboratoires pharmaceutiques. L’Union nationale des associations agréées d’usagers du système de santé (Unaass) lui reconnait déjà la "sensibilité particulière qu’elle sait apporter à la voix des usagers, ainsi qu’aux constats et propositions portées par leurs associations". Tout en l’invitant "à traduire au plus vite dans les politiques menées les intentions affichées", pour une "politique de santé courageuse et audacieuse", ajoute l’Unass dans un communiqué. A 54 ans, Agnès Buzyn est une femme habituée aux rouages des institutions de santé, elle est, en revanche, une totale novice en politique. Difficile, pour l’instant de connaître ses positions et la manière dont elle conduira son action. Mais elle aura, comme premier symbole, la possibilité de mettre vraiment fin à l’interdiction des soins funéraires pour les personnes séropositives, mais aussi le chantier de l’organisation des soins. Dans un portrait que le "Quotidien du Médecin" lui avait consacré, elle confiait ce qui est aujourd’hui l’incarnation du discours politique d’Emmanuel Macron et de son gouvernement : "Je ne sais pas si je suis très très à gauche, mais au fond, je suis probablement de sensibilité social-démocrate", glisse-t-elle en riant. "Mais j’ai servi des gouvernements de droite comme de gauche, avec la même loyauté". En marche ?

Sandra : Voilà, pour le portrait de notre nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé. Qu’en pensez-vous ? Le fait qu’elle soit totalement novice en politique, est-ce que ça vous inquiète ou est-ce que vous trouvez que c’est une bonne chose ?

Mohamed : Je pense qu’il faut la laisser faire. Concernant la Santé, c’est un ministère assez délicat. Je pense qu’il faut la laisser faire et puis juger sur ses actes.

Sandra : Donc, tu ne la connaissais pas toi non plus ?

Mohamed : Non.

Yann : C’est une bonne nouvelle ce choix de Macron de mettre des personnes venant du monde du travail. C’est sûr que pour nous, enfin pour moi, qui a commencé à travailler à l’âge de 15 ans, ça me parle plus. C’est peut-être des gens qui ont un pied ou un orteil un peu plus dans la réalité.

Sandra : On va voir ce que ça donne.

Christian : Comme toutes choses, on le devient. On ne naît pas politicien, on ne naît pas magistrat, on le devient. On doit laisser sincèrement cette femme s’exprimer.

Yann : Est-ce qu’on devient chroniqueur ? (rires)

Christian : On ne naît pas chroniqueur, on le devient (rires).

Yann : Deux jolis mots. “Chroc” et “niqueur” (rires)

Sandra : Oh, Yann !

Christian : En tout cas, on devient. Laissons cette maman travailler tranquillement…

Yann : Travaille maman ! (rires)

Christian : Qu’elle fasse ses preuves.

Yann : On est vraiment avec vous Agnès Buzyn. On est avec vous vraiment !

Sandra : Vous vous doutez bien que les membres du Comité des familles, qui sont des militants, ont déjà des messages pour cette nouvelle ministre des Solidarités et de la Santé. Et donc, je vais vous lire la lettre que le conseil d’administration du Comité des familles a envoyé et puis si vous voulez, on en discute après.

Lecture de la lettre du Comité des familles

Madame la Ministre des Solidarités et de la Santé,
Depuis 1995 et l’émission radio «  survivre au sida  », les familles vivant avec le VIH/sida sont en marche pour affronter chaque jour la maladie, la précarité, l’exclusion et les discriminations. Si nous sommes toujours debout, c’est grâce aux progrès de la médecine, aux soutiens de nos familles et de ceux qui nous aiment, et aux actions que nous avons mises en place à travers la première association d’auto-support, créée en 2003 et gérée par et pour les familles vivant avec le VIH : Le Comité des familles.

Nous accueillons et accompagnons individuellement les personnes concernées et leurs familles, animons un programme d’Éducation Thérapeutique du Patient, réalisons et animons une émission radio, un site internet et son forum, créons et diffusons des outils d’informations et de prévention, avons un programme de soutien par les pairs aux femmes qui apprennent leur séropositivité en cours de grossesse, organisons des moments de rencontres, d’échanges (notamment sur les thèmes de la procréation pour les couples séro-différents), des sorties culturelles, des repas partagés avec les personnes hospitalisées et des témoignages auprès des collégiens/lycéens pour expliquer la vie avec le VIH et les traitements.

Nous sommes des familles de Paris, de sa banlieue, de toute la France, citoyens du monde. Comme la lutte ne se fait pas seul, nous travaillons main dans la main avec les spécialistes, que ce soit pour contribuer à l’élaboration du Rapport Morlat ou des avis du Conseil National du Sida. Nous sommes partenaires de nombreuses associations de lutte contre le VIH/sida. Nous avons 9 représentants au sein des COREVIH à travers toute la France.

Vous n’êtes pas sans savoir que les petites associations de terrain comme la nôtre luttent pour leur survie, alors que les familles concernées par le VIH sont toujours plus nombreuses et que la demande d’accompagnement ne faiblit pas. Pour continuer à vivre, à aimer, à être aimé, à faire des enfants en bonne santé  ; Pour nous, en hommage aux générations qui ont été sacrifiées, pour celles à venir  ; Pour nos enfants, et pour les vôtres  ; Parce que nous avons tous une famille, et que nous sommes tous concernés par le VIH  :

Nous avons besoin de vous, qui soutenez notre combat.

Très concrètement, votre équipe pourrait nous aider sujets  :
En défendant l’avenir de nos familles avec une politique de subventions publiques claire et pérenne dans le domaine de la santé, et en réduisant les démarches administratives, surtout pour les petites associations qui ont fait leurs preuves ; Avec une refonte rapide des organismes publics qui nous soutenaient jusque là, et dont nous n’entendons plus parler (qu’est devenu l’INPES ?)

En venant nous rendre visite dans nos locaux au 18 rue de la Mare, 75020 Paris, ou en participant à notre émission radio « Vivre avec le VIH » (contact  : direction@comitedesfamilles.net ).

Nous, familles qui avons construit ce Comité, accueillons tous ceux qui partagent notre envie de lutter pour vivre malgré le VIH et se soigner dans la dignité. Faire un travail associatif peut s’avérer difficile pour des personnes malades. Mais le dynamisme, l’envie de lutter ensemble, de vivre font que, cette année encore, tous nos projets ont pu se réaliser et se développer. Nous souhaitons continuer notre chemin semé d’embûches, mais avec de bonnes chaussures  !

Sandra : Nous espérons que la ministre a déjà lu notre courrier et qu’elle s’empresse de nous écrire pour qu’elle puisse venir peut-être à l’émission radio, venir nous rencontrer, pourquoi pas. Moi, j’y crois en tout cas. J’espère qu’elle va prendre au sérieux nos demandes.

Yann : Elle sera la bienvenue.

Sandra : Ah oui, avec grand plaisir ! On saura très bien l’accueillir, autour d’un repas par exemple, un repas de l’amitié, un repas fait-maison, un couscous… Et cette lettre, nous l’avons évidemment envoyé aussi à Emmanuel Macron, nouveau président de la République de la France. Donc à suivre.

Christian : Cette missive dit tout. Puisque nous avons ce rôle régalien ici, éduquer et informer, et divertir. C’est ce que nous faisons ici.

Yann : Bon, moi la victoire de Macron par rapport à celle d’un Mélenchon ou quoi que ce soit, c’est sûr que quand même, je me dis que pour… enfin, ce que j’entends un petit peu là se profiler, ce n’est quand même pas génial pour le monde associatif. Ce n’est pas génial pour le monde du travail pour les travailleurs. Je vois notamment la restructuration et l’idée de réduction de l’indemnisation chômage et tout ça. Donc encore une fois, ce sont les personnes les plus démunies qui vont être sanctionnées. Et pour le monde associatif, c’est vrai que, le programme mélenchonniste était plus à même d’aider tout ce milieu associatif que tous les autres candidats qui eux, veulent faire des grands rassemblements de toutes ces structures pour je pense, mieux gérer à la tête.

Sandra : A voir. On verra bien ce que ça donne. J’espère en tout cas que, moi aussi, je ne suis pas pro-Macron, je n’étais pas ravie qu’il soit notre président, mais bon. On va faire avec, et si ça marche, tant mieux.

Yann : La question qu’il faut vraiment se poser et là j’espère que les auditeurs vont en profiter pour tchater avec nous, c’est voilà, qu’est-ce qu’on fait pour les législatifs, qu’est-ce qu’il est préférable de faire ? C’est là où tout va se jouer. C’est au mois de juin où il faudra bien voir les programmes de chacun.

Sandra : C’est un dilemme, parce que, s’il n’a pas la majorité, il ne peut pas tout faire appliquer…

Yann : Bah quand tu vois l’affiche, le programme et le mélange avec certains anciens et nouveaux, c’est vrai que ça donne envie d’y croire. De se dire, on a mélangé le réac un peu de droite avec le gaucho sans être extrémiste et tout ça. Donc, ça pourrait marcher mais j’ai peur que dans les promesses qui sont faites, on sait bien qu’un président fait beaucoup plus de promesses qu’elle ne peut en tenir. Donc, méfiez-nous, marchons sur des oeufs et surtout, lisons bien tous les programmes de chacun. Moi, je vais surtout me concentrer sur la culture, ce qui m’intéresse égoïstement, la santé et le travailleur basique, c’est-à-dire non diplômé et voilà. C’est les trois points pour moi qui comptent dans ma vie de tous les jours.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE