Bienvenu raconte sa première fois au festival Solidays 2017

, par Sandra

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Bienvenu raconte sa première fois au festival Solidays 2017

Sandra : Je vous propose d’écouter Bienvenu qui est venu à Solidays pour la première fois.

Début de l’enregistrement.

Bienvenu : J’ai 37 ans, je suis du Comité des familles. Effectivement, c’est ma première fois d’assister à Solidays et je suis venu à Solidays et j’ai vécu beaucoup de choses. J’étais venu là, il y a certaines choses que je n’ai jamais vu de ma vie et heureusement avec Solidays, par rapport à Comité des familles, j’ai vécu ça. C’est-à-dire que, comme je suis du Comité des familles, des personnes vivant avec le VIH, il y aussi certaines personnes qui vraiment sont venues nous voir par rapport à ce que nous avons compris dans le Comité des familles. Et eux, ils sont venus demander aussi et en fonction de ça, je vois qu’il y a la majorité des personnes qui ne savent pas ce qu’on appelle la transmission du VIH. Donc c’est par rapport à ça que ça m’a beaucoup plu.

Par rapport aux questionnaires, nous avons essayé d’appeler des gens pour dire “est-ce qu’ils connaissent la transmission du VIH”. Les gens sont vraiment très intéressés et viennent prendre maintenant les questionnaires pour remplir ça et en fonction des questionnaires qu’ils ont rempli, avec les réponses, on leur explique les bonnes réponses. Et vraiment c’est très génial pour certaines parce qu’ils ne connaissent même pas ce qu’on appelle la transmission du VIH.

Sandra : Pour toi, c’est important de transmettre les connaissances à ceux qui ne sont pas séropositifs ?

Bienvenu : Ah oui ! Parce que, d’autant plus que moi, je suis personne vivant avec le VIH. Il y a certaines personnes qui ne savent pas encore ce qu’on appelle la transmission du VIH. Et en fonction de ça, je leur explique comment on transmet ça.

Sandra : As-tu un message pour les personnes séropositives qui nous écoutent, qui se sentent seules et qui n’ont pas envie de parler du VIH à leur entourage ?

Bienvenu : Effectivement Sandra, tu sais, avant, j’avais vraiment honte par rapport à ma séropositivité. Mais maintenant, au Comité des familles, je vois que vraiment je suis à l’aise. Je peux dire à quelqu’un devant moi pour dire que, je suis porteur du VIH. La science a déjà développé tout ça là. Donc, par rapport à des médicaments que je prends maintenant, je vois que maintenant, ça ne vaut plus la peine de dire maintenant à des gens que je n’ai pas de VIH alors que j’ai le VIH. Et ça me plait maintenant de dire à une personne devant moi que j’ai le VIH, je suis porteur sain. Vraiment, ça me plait.

J’encourage vraiment les gens à dire aux gens qu’ils sont séropositifs parce que ce n’est pas un sujet de tabou parce que la science a déjà développé. Donc, j’encourage les gens d’abord à faire leur test de VIH. Ensuite, s’ils savent que vraiment ils sont porteurs sains, ils peuvent aller à l’hôpital, commencer à prendre leurs médicaments et ils sont maintenant à l’aise parmi les gens et ils vont savoir que maintenant, ce qu’on appelle la maladie du VIH, ce n’est plus un sujet que vraiment… on ne peut pas laisser ça comme ça. Il faut dire aux gens que maintenant, je suis porteur du VIH parce qu’avec les médicaments que nous prenons maintenant, c’est très intéressant. Donc je suis maintenant très à l’aise.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Voilà, c’était Bienvenu au micro de l’émission Vivre avec le VIH que tu as reconnu Yann.

Yann : Vraiment, je suis touché parce que c’est rare une progression aussi rapide chez quelqu’un d’une culture différente de la nôtre. Mais je peux vous dire le nombre de personnes qu’il nous a emmené sur le stand, étant donné qu’il a pris son rôle avec amour. Il racolait comme ça les personnes en disant “Je pense que vous ne connaissez pas assez le VIH”. A un moment, j’ai dû lui dire “attends, il commence à avoir la queue pour les questionnaires”. Vraiment, bravo Bienvenu.

Mohamed : Il était presque toubib (rires).

Yann : Quand tu es persuadé du bienfait d’une action, tu la défends 100 fois mieux.

Sandra : Et il n’a pas compté ses heures, franchement.

Yann : Les 3 jours il est venu finalement.

Sandra : Il devait venir qu’un seul jour, il est venu les 3 jours. Il a profité évidemment quand même des concerts mais pas tant que ça. Il était vraiment beaucoup sur le stand.

Yann : J’ai eu aussi une demande assez particulière des membres qui m’ont dit : “c’est quoi ?”, voyant passer les Soeurs de la Perpétuelle Indulgence. Donc c’est vrai qu’elles font une ou deux messes durant le festival. Donc un groupe qui était très intéressé de découvrir ont été à la messe. Et une autre chose très importante et là, extrêmement émouvante pour moi en tout cas, c’est que c’est la première année que le Comité des familles participe aux patchwork des noms. J’ai trouvé que nous avons été très bien reçus par toute l’équipe organisatrice. Je pense à Jean-Michel, je pense à Mélody aussi…

Sandra : Le patchwork des noms qui rend hommage aux personnes décédées du sida.

Yann : J’ai trouvé au départ que le lieu, je trouvais un peu dommage que les patchworks ne soient pas dispatchés sur tout le festival. Jean-Michel m’a expliqué “en fin de compte, on a préféré faire un lieu de recueillement”. Je l’ai bien compris. Ce qui m’a permis de me recueillir ayant perdu des gens très proches. Le patchwork, ce n’est pas une mayonnaise qui a énormément prise au Comité des familles et je le comprends, parce que moi ou comme d’autres militants depuis longtemps, c’est toujours quelque chose qui remue tellement que nous on a mis 5-6 ans à se décider d’en faire partie. Jean-Michel m’expliquait que c’est tout à fait normal. C’est un travail de longue haleine. Je remercie aussi Bruno Perrine, notre président, qui est monté sur la scène, qui a pu lire les noms des personnes disparues du Comité des familles. Ca a été un très grand moment de respect et d’hommage.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE