Cessation de paiement - redressement judiciaire : Sida Info Service l’a échappé belle !

, par Sandra

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Cessation de paiement - redressement judiciaire : Sida Info Service l’a échappé belle !

Sandra : Yann, Christian, Mohamed, l’un d’entre vous peut-il me dire qu’est-ce que c’est Sida Info Service ?

Yann : C’est bien en tout cas.

Sandra : Oui, d’accord (rires)

Mohamed : C’est une plate-forme qui est à l’écoute des gens malades et qui répondent à leurs questions éventuellement sur des problèmes de traitements ou de prise en charge sociale selon les situations (applaudissements)

Yann : Bravo, bravo !

Mohamed : Je le sais, parce que, une année, j’ai fait partie des écoutants de Sida Info Service. C’était sur une journée, le Sidaction, un truc comme ça.

Yann : Tu veux qu’on fasse une plage d’écoute au Comité des familles ?

Mohamed : Non, je laisse la plate-forme tourner (rires).

Sandra : Tu as fais ton temps quoi, c’est bon ! (rires)

Mohamed : Non, je suis toujours là, mais bon.

Sandra : Pour compléter, Sida Info Service a été créée en 1990 par l’Agence française de lutte contre le sida (AFLS) pour compléter le dispositif de lutte contre le VIH/sida en mettant en place une ligne téléphonique nationale sous la forme d’un numéro vert (gratuit) accessible 24h/7j. Depuis sa création, l’action de Sida Info Service s’est étendue progressivement pour répondre à tout ce qui relève de la lutte contre le VIH/sida, les hépatites, pour la santé sexuelle et contre les exclusions. Le respect de l’anonymat, de la confidentialité des échanges et le principe de non jugement accompagnent son activité et son développement et constituent son éthique.

Sida Info Service ce n’est pas seulement une plate-forme téléphonique, ils font aussi pas mal d’actions de prévention. Leur site internet est super. Ils font plein d’activité. Ils sont sur le terrain aussi.

Pourquoi je vous parle de Sida Info Service ? Parce que, je ne sais pas si vous vous souvenez, mais en mars 2016, nous avons appris que Sida Info Service était en cessation de paiement. Trop de dettes. Le Tribunal de Grande Instance de Paris avait placé Sida Info Service en redressement judiciaire. Si Sida Info Service s’est retrouvé dans cette situation c’est parce que cette association a toujours bénéficié d’une seule subvention, celle de l’État, par l’intermédiaire de l’INPES. Or, la hauteur de cette subvention a baissé de 30 % depuis 2006, passant de 7 millions à 5 millions d’euros. Par ailleurs, l’INPES n’existe plus aujourd’hui, c’est devenu Santé publique France. Et là, bonne nouvelle pour Sida Info Service, Par jugement en date du 18 mai 2017, le Tribunal de grande instance de Paris a validé le plan de redressement par voie de continuation présenté par Sida Info Service. Information que nous pouvons lire sur leur communiqué de presse.

Grâce au soutien de ses partenaires institutionnels et la revue à la baisse de la dette, accordée par ses créanciers, le plan de continuation permet une restructuration significative de la dette dont le remboursement sera suivi par maître Gilles Pellegrini, en qualité de commissaire à l’exécution du plan.

Sida Info Service se réjouit de la décision du Tribunal de grande instance de Paris qui permet à l’association de conserver toute sa place dans le champ de la lutte contre le VIH/sida, des IST, des hépatites et de la santé sexuelle.

Aujourd’hui, avec 52 salariés, Sida Info Service peut désormais se concentrer sur son développement et renforcer son expertise dans le domaine de la relation d’aide à distance téléphone et Internet.

Gérard Desborde, président, et Arame Reymes-Mbodje, directrice, « remercient toutes celles et tous ceux qui ont soutenu Sida Info Service durant cette période de crise intense et qui a malheureusement entraîné de nombreux dommages tant humains que financiers ».

Gérard Desborde et Arame Reymes-Mbodje remercient « en particulier les salariés qui ont fait preuve de cohésion et qui ont maintenu la qualité des services de relation d’aide à distance de l’association vis-à-vis des usagères et des usagers ».

Voilà pour leur communiqué de presse. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est pour nous rappeler que les associations, ce n’est pas acquis. Même si en France, nous avons la chance d’avoir pas mal d’associations de lutte contre le VIH, elles sont fragiles, parce que les subventions de l’Etat baisse comme vous avez pu le voir et donc ça peut mettre en péril même une association historique. Il faut sans cesse se battre pour que les associations puissent exister. Des commentaires sur cette information ?

Yann : Je ne connaissais pas la fragilité que tu viens de nous citer pour Sida Info Service mais j’en connais en revanche l’utilité et le travail remarquable. Moi, je compare par rapport à des structures comme le Comité des familles où le fait que les membres soient acteurs, comme tu le vois, on est une masse salariale très faible. Je crois que c’est ça aussi qui fait qu’on a toujours la tête levée même si on connait des difficultés, que vous connaissez si vous nous suivez sur les réseaux sociaux et autres.

Christian : Il faut dire que, depuis le pays, nous on vivait ce mal et on ne savait pas les différentes associations qui sont là, recevaient un petit coup de main de ces grandes firmes. Quand je suis arrivé ici, j’ai appris à connaitre un tout petit peu Sidaction, Sida Info Service, c’est des noms que j’ai entendus ici. Pourtant ce sont des structures qui existent depuis belle lurette et qui ont toujours oeuvré pour la survie de nous autres. Sincèrement, si aujourd’hui elles trouvent des petits couacs, il faut faire quelque chose. Je vous dis que si nous avons au pays, au Cameroun, un certain nombres d’associations qui essaient d’émerger, de sortir la tête de l’eau, même si ceux du pays ne travaillent réellement pas comme celles d’ici. J’ai vu comment ceux et celles d’ici travaillent. Ici ce sont des gens qui se donnent à coeur joie, les subventions qu’elles reçoivent, elles mettent ça à la disposition des indigents que nous sommes, des personnes malades. Franchement, si elles sont en train de couler, il faut véritablement leur donner un coup de main. C’est tout ce qu’on peut souhaiter.

Mohamed : Je me réjouis qu’ils aient pu obtenir gain de cause et que cette association doit perdurer pour aider les gens. En même temps qu’ils donnent des conseils sur le médical, ils luttent aussi contre l’exclusion. Je crois que c’est à tout à chacun de savoir être reconnaissant envers eux parce qu’ils font un travail assez louable et il y a des personnes qui sont dans les régions reculées ou en province, qui ne connaissent pas ni leurs droits ni les démarches à suivre. Je pense que cette plate-forme est toujours de bon conseil. Bonne continuation à eux et bonne chance.

Sandra : Ils répondent à tous types de questions, que ce soit quelqu’un qui vient par exemple de prendre un risque, qui se demande s’il est séropositif ou pas, on peut les appeler. Quelqu’un qui est séropositif, qui a des questions sur la transmission du VIH, on peut les appeler. Quelqu’un qui est séropositif et qui a des questions sur je veux prendre une assurance, comment ça se passe, on peut les appeler, il y a des juristes qui sont là pour répondre aux questions. Vraiment, ils sont au top. Vous pouvez les appeler au 0 800 840 800. C’est gratuit, confidentiel.

Et moi j’avais une question, parce que, Sida Info Service, la majeur partie de leurs subventions c’est l’INPES, donc maintenant Santé Publique France. Et je leur ai demandé du coup, est-ce que vous allez vous tourner vers d’autres institutions publiques ou privées pour éviter de se retrouver à nouveau dans cette situation ? On m’a répondu

Santé Publique France (SPF) nous a renouvelé totalement sa confiance. Il y a juste un petit pourcentage de notre budget qui ne vient pas de cette subvention. Ce qui était déjà le cas avant.

Pour combler le petit pourcentage qui manque pour boucler notre budget provenant principalement de SPF, cela nécessite de toute façon que nous nous tournions vers d’autres financeurs. Nous allons sans doute développer cette démarche.

Voilà, donc espérons que ceux qui dirigent Sida Info Service prennent les bonnes décisions pour la suite et la survie de cette association.

Christian : Vraiment, il faut que l’Etat et les autres prennent cette structure très au sérieux. J’ai vu, c’est la très bonne chose que vous faites ici, quand tu vas dans une association, si on a décidé de mettre un bic à disposition d’une tierce personne par exemple, on va exactement lui remettre ce bic. Si on a dit qu’on doit lui donner 50 euros tous les mois ou bien charger son navigo, s’il y a des possibilités de le loger, ils vont… c’est-à-dire que ce sont des gens qui travaillent avec une autorité morale et claire, en toute honnêteté. Moi, je n’avais jamais vu ça, une sincérité de coeur et d’esprit. Franchement, comparativement à en Afrique, où moi je sors, franchement, les gens s’engraissent, achètent des voitures, construisent des maisons et tout. Ici, ils ne font pas ça. Les bénévoles, assistantes sociales, et autres qui travaillent dans ces structures préfèrent se priver pour se sacrifier. Moi je vois ça, au Comité des familles, à Aurore, un peu partout. Les gens se sacrifient pour nous autres. Donc vraiment c’est très sérieux et c’est des gens qui travaillent avec tout le sourire. Il ne faut surtout pas qu’on les néglige. Surtout que la demande est énorme, il y a de plus en plus de malades qui sont toujours là et on a toujours besoin d’eux.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE