Pour une France sans sida : ELCS posent 10 questions à Emmanuel Macron

, par Sandra

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Pour une France sans sida : ELCS posent 10 questions à Emmanuel Macron

Sandra : De retour à l’émission Vivre avec le VIH, nous continuons de parler politique. Vous avez remarqué, une émission 100% politique. Il faut en parler parce que le VIH, c’est politique. 10 questions pour une France sans sida. 10 questions posées par l’association Elus Locaux Contre le Sida, ELCS. Des questions qui ont été posées à tous les candidats pendant la période des élections présidentielles. Tous n’ont pas répondu mais Emmanuel Macron avait répondu à ces questions. Il y a plusieurs thèmes qui ont été abordés. 10 thèmes. On ne va pas tous les traiter aujourd’hui parce que je pense qu’on n’aura pas le temps. Mais vous allez me dire ce que vous voulez entendre comme sujet, comme questions qu’ils ont posés, et surtout les réponses qu’Emmanuel Macron a apportées. Donc il y a la fonction publique, le travail, la PrEP, l’AME (Aide médicale d’Etat), les soins de conservations, la prostitution, prison, la politique de réduction des risques (RDR), le thème aussi de la liberté et enfin le Fonds Mondial. Voilà les thèmes abordés par les Elus locaux contre le Sida. Qu’est-ce que vous souhaitez entendre aujourd’hui ?

Yann : Pour moi, AME, soins funéraires et travail.

Sandra : D’accord. C’est parti, on va commencer tout de suite. AME tu as dit en premier. La question de ELCS

Depuis quelques années, le droit à la santé des étrangers est un thème qui fait polémique en France, les attaques se succédant à un rythme régulier notamment contre l’aide médicale d’Etat. Comptez-vous, dans ce domaine de la santé des étrangers, mettre en place une politique de santé pragmatique et respectueuse des droits humains ? Quelle est votre position sur l’aide médicale d’Etat ?

Réponse d’Emmanuel Macron :

La santé est un droit universel. La France doit être fière de l’aide médicale qu’elle apporte aux plus démunis, comme aux personnes étrangères. Le débat sur l’Aide médicale d’Etat n’a pas lieu d’être sur le principe. L’AME répond à des nécessités sanitaires. Sa part dans les dépenses de soins en France est en outre négligeable, contrairement aux idées volontiers véhiculées par certains. L’AME, associée à la CMU-C, ne finance que 1,4% des dépenses de santé en 2015, un pourcentage stable depuis plus de 10 ans.

Yann : D’après sa réponse, on n’a pas d’inquiétude à avoir.

Sandra : Voilà, c’est ça. Un bon point déjà. Ensuite Yann, tu m’as dit le travail et les soins funéraires. Alors, la questions sur les soins funéraires.

Yann : C’est un grand cheval de bataille pour…

Sandra : Ah oui, depuis des années pour ELCS. Donc la question,

La législation actuelle interdit les soins de conservation pour les personnes décédées séropositives, ne permettant alors pas aux proches de rendre un dernier hommage aux défunts. Le Conseil national du sida et le Haut Conseil à la santé publique ont dénoncé cette législation discriminatoire en affirmant que les précautions universelles suffisent à assurer un niveau optimal de sécurité aux thanatopracteurs. Le ministère des affaires sociales et de la santé 2 prépare la levée effective de cette interdiction en 2018, tout en renforçant la sécurité des thanatopracteurs dans leur pratique au quotidien. Vous engagez-vous à poursuivre l’évolution réglementaire en cours et, concrètement, à modifier l’arrêté fondant cette interdiction inhumaine ?

- La réponse d’Emmanuel Macron

Ces soins étant réalisables en toute sécurité par les professionnels, l’arrêté sera modifié au plus vite. Les plus hautes instances de santé publique l’ont affirmé et ont dénoncé cette forme de discrimination. Faire le deuil d’un proche est une étape difficile et nécessaire. Il n’y a pas lieu de maintenir des dispositions inutiles qui ajoutent à la douleur des proches.

Sandra : Donc, selon Emmanuel Macron, là aussi, il a dit “au plus vite”.

Yann : 2018.

Sandra : Ouais, pour moi ce n’est pas 2018 au plus vite, pour moi c’est 2017. J’espère que ça va être fait. Et tu m’as dit, travail. Alors…

Yann : Travail, qui veut dire en latin objet de torture.

Sandra : C’est vrai ?

Yann : Oui, oui. La définition du petit Robert, c’est exactement celle-là.

Sandra : Bon, maintenant la définition a évolué (rires). Alors, le travail.

Le VIH/sida, maladie chronique, implique une gestion au quotidien de sa maladie, des effets secondaires des traitements, de la fatigue, etc. Comptez-vous développer des modes de travail plus souples et en adéquation avec la gestion de la maladie au quotidien comme le mi-temps thérapeutique ou un droit au télétravail pour les personnes touchées par une ALD 30 ? Plus largement, comptez-vous mettre en place une information claire des employeurs quant aux réalités de la vie avec le VIH ?

- La réponse d’Emmanuel Macron

Cette question est centrale. Aujourd’hui en France, les employeurs sont encore peu sensibilisés aux questions portant sur les maladies chroniques. Que ce soit le VIH, le cancer, l’insuffisance rénale chronique, les maladies dégénératives, etc., l’information à destination des employeurs est insuffisante. Ces maladies touchent des millions de Français mais restent des tabous dans le monde de l’entreprise. Communiquer davantage, favoriser des modes de travail innovants pour que les travailleurs malades puissent s’investir en fonction de leurs possibilités est indispensable. Le mi-temps thérapeutique et le télétravail font partie des solutions. Il en est d’autres à bâtir sur le terrain. C’est aussi par des partenariats avec les associations au plus près des personnes vivant avec le VIH que nous sensibiliserons les entreprises à la réalité de la vie avec le VIH.

Mohamed : Je pense que c’est bien parler. Il n’y plus cas ! (rires). C’est vrai, qu’en général, les employeurs n’ont pas la notion des maladies lourdes donc ce serait bien qu’ils en prennent conscience et il faut attendre et voir.

Yann : Il faut se rappeler aussi qu’il y a beaucoup d’entreprises qui prennent des personnes orientées avec la reconnaissance travailleur handicapé, qui touche toutes les maladies chroniques mais ils sont poussés, parce qu’autrement, s’ils ne prennent pas un certain nombre de personnes dans ce profil-là, ils ont des amendes très fortes. Et cette loi a été mise en place parce qu’autrement on serait l’arrière-roue du carrosse.

Mohamed : Malgré ça, les employeurs ne respectent pas. Il faut les secouer pour qu’ils embauchent.

Sandra : Oui, parce que certains ont un bénéfice tellement important qu’une petite amende, voilà quoi.

Christian : Et sans me tromper, ils ont même un quota, c’est entre 2-3 personnes. C’est trop petit. Bon, on dit souvent chez nous il ne faut pas commenter les commentaires (rires).

Sandra : Mais tu vas le faire quand même, c’est ça ? (rires).

Yann : C’est un peu le propre de la radio (rires).

Christian : Non, bon. Si tu peux nous parler de la prison.

Sandra : Bien sûr. La question d’ECLS

Le droit à la santé et l’accès aux soins doivent être effectifs pour toutes et tous, y compris dans le milieu carcéral. Pourtant, cette égalité de traitement n’est pas une réalité : les différentes enquêtes montrent un taux de prévalence très fort au VIH et au VHC (hépatite C) en prison. Comptez-vous mettre en place et développer des programmes de réduction des risques en prison, notamment des programmes d’échanges de seringues ?

- La réponse d’Emmanuel Macron

L’incarcération ne doit pas être synonyme de rupture dans l’accès aux soins. La circulation de drogues en milieu carcéral est connue. Il ne faut pas le nier, sauf à renoncer à prendre les mesures de prévention en conséquence. La condamnation pénale ne doit pas entrainer une condamnation sanitaire. L’accès aux mêmes dispositifs de réduction des risques qu’à l’extérieur, ainsi que l’amélioration de l’accès aux soins, par exemple par le développement de la télémédecine, sont indispensables.

Christian : On attend de voir. Parce que moi, quand j’étais en Espagne dans un centre de rétention, vu ma situation, j’étais souffrant, malade. On m’a mélangé avec tout le monde. Je ne prenais pas normalement mes médicaments…

Sandra : Tu étais dans un centre de rétention. Ce n’était pas la prison. C’est quand même différent.

Christian : C’est comme la prison. Tu n’as jamais vécu quelque chose comme ça.

Sandra : Non. Mais je t’assure que la prison est pire en fait. Alors on a l’impression, avec les réponses qu’on a lues, Emmanuel Macron en gros dit oui à tout. Maintenant est-ce que c’est sincère, est-ce que ça va être possible ? On attend de voir.

Christian : Je crois qu’il est sincère.

Sandra : Ah oui ? Tu as envie d’y croire ?

Christian : Vraiment, ce monsieur, je regarde sur son visage, je sens la sincérité du coeur et de l’esprit.

Sandra : D’accord, j’espère que tu ne seras pas déçu. J’espère que nous aussi, on ne sera pas déçu. C’est important, il y a de l’humain derrière donc j’espère que ce ne sera pas juste des belles paroles.

Christian : Tout à fait et puisqu’on parle de politique, je voulais lui faire un petit coucou en lui demandant aussi, là je sors du cadre, il est allé au Mali dernièrement. Qu’il aille faire un tour chez nous au Cameroun voir le vieux (rires).

Sandra : On n’a pas parlé de la fonction publique, de la PrEP, de la politique des réductions des risques, de la prostitution, de la liberté et du Fonds Mondial. Mohamed, tu n’as pas dit les thèmes que tu voulais aborder.

Mohamed : J’ai entendu ceux que je voulais entendre.

Sandra : Chers auditeurs, si vous êtes intéressés par les autres thèmes que j’ai cités, vous pouvez retrouvez les 10 questions sur le site des Elus locaux contre le sida et ce sera disponible sur le site comitedesfamilles.net.

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE