Solidays 2017 : grosse ambiance au village associatif avec Valérie Pécresse

, par Sandra

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Valérie Pécresse à Solidays 2017
Solidays 2017 : grosse ambiance au village associatif avec Valérie Pécresse

Sandra : A Solidays, il n’y avait pas qu’une ambiance…

Yann : festive.

Sandra : Voilà ! Il y avait aussi des sujets assez sérieux. Notamment le premier jour, les politiques qui sont passés au village associatif. La ministre de la Santé Agnès Buzyn qui est passée et aussi la présidente de la Région Ile-de-France qui est passée. Pour ceux qui ne le savent pas, on a une pétition contre sa mesure en fait puisque dès qu’elle est arrivée à son poste, à la Région, elle a décidé, elle l’avait promis, elle a tenu parole, de supprimer les aides aux transports pour les personnes étrangères en situation irrégulière, donc les personnes bénéficiaire de l’AME, l’aide médicale d’Etat. Ce qui fait que ça a des conséquences catastrophiques. On le voit nous rien que dans notre association. Beaucoup de membres ne viennent plus à l’association parce qu’ils n’ont pas de ticket, et j’espère qu’ils vont quand même à l’hôpital pour se soigner mais, ils ont peur. Parce que, s’ils n’ont pas de ticket, ils peuvent se faire attraper par les contrôleurs, les contrôleurs après, ça peut aller directement à la police et puis bon, ça peut avoir des conséquences assez graves.

Yann : On le répète jamais assez, promenez-vous toujours avec vos analyses quand vous êtes là pour un parcours de soins. Promenez-vous avec ce qui permet d’éviter le centre de rétention parce que Sandra, tu as encore été voir quelqu’un il n’y a pas si longtemps. Heureusement que les associations agissent beaucoup là-dessus mais pensez toujours à avoir le maximum de papiers pour prouver aux agents de police qui vous arrêtent que vous êtes vraiment dans une situation de soins et que si vous êtes en France, c’est bien parce qu’autrement, dans votre pays d’origine, vous mourez.

Sandra : Merci pour ce rappel. Je vous propose la petite discussion que j’ai eu avec Valérie Pécresse et puis avec d’autres associatifs qui étaient autour de moi. On écoute et puis on réagit après.

Début de l’enregistrement.

Valérie Pécresse : Quand j’augmente le pass Navigo, tout le monde me tombe dessus en me disant madame Pécresse, il ne faut pas augmenter le pass Navigo. Vous voyez que…

Sandra : Ca, vous l’aviez promis d’ailleurs, de ne pas augmenter le pass Navigo.

Valérie Pécresse : Non, j’avais promis que les 300 euros d’ardoise qui restaient à financer ce ne serait pas les usagers qui les paieraient, et ce n’est pas les usagers qui ont payé.

Sandra : D’accord mais…

Valérie Pécresse : Pardon, mais vous m’avez dit d’accord.

Sandra : Oui.

Valérie Pécresse : Et les 300 millions, qui les a payé ? Les entreprises. Et pas les usagers. Voilà.

Un membre d’Act-Up : Le sida aujourd’hui c’est les personnes minoritaires les plus précarisés et qui aujourd’hui malheureusement ne peuvent pas payer le pass Navigo et qui du coup aujourd’hui, se retrouve à ne pas pouvoir prendre les transports en commun à cause de ça...

Sandra : Un Paris sans sida, ce ne sera pas possible si vous précarisez les gens.

Valérie Pécresse : Je suis désolée, il y a des centres d’action sociales qui donnent des titres de transport gratuits pour les personnes en situation de précarité.

Sandra : Mais non, ils ne donnent pas...

Un membre d’Act-Up : Ce n’est pas suffisant.

Sandra : Ce n’est pas suffisant, je vous le dis, c’est la galère. On le vit.

Un membre d’Act-Up : Nous, on le voit auprès des personnes précarisées.

Valérie Pécresse : Ce n’est jamais suffisant.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Voilà, ambiance ! C’était sympa dans le village associatif. Quand elle a parlé du pass Navigo, je me suis dit, j’ai la mémoire qui flanche, je me suis peut-être trompé. J’ai regardé sur Internet, on va écouter Valérie Pécrese, c’était en 2015 :

Début de l’enregistrement.

Valérie Pécresse : Je maintiendrai le pass Navigo à 70 euros parce que je ne jouerai pas avec le pouvoir d’achat des franciliens. J’assumerai tout, votre bilan, le bon et le mauvais. Mais je vais vous dire une chose, ça va être très compliqué et moi j’irai voir monsieur Valls et je lui dirai si vous n’êtes pas déterminé à lutter contre le fraude et à trouver dans la lutte contre la fraude, une partie du financement, il n’est pas question que la Région paye.

Applaudissements

Pierre Laurent : Mais vous maintiendrez le pass Navigo à tarif unique, comme quoi nous avons eu bien raison de mener cette bataille avec constance malgré tous les obstacles, qu’on a finalement remporté, pour une raison simple, c’est que si vous annoncez le contraire, vous perdrez la Région. Parce que l’immense majorité des franciliens ont bien compris que la question de l’égalité devant le droit à la mobilité est une question centrale.

Applaudissements.

Fin de l’enregistrement.

Sandra : Voilà, c’était lors d’un débat avec Pierre Laurent, qui est secrétaire national du parti communiste français. Donc voilà, elle peut dire tout ce qu’elle veut, elle avait promis de ne pas l’augmenter, elle a menti. Elle ne va pas chercher à nous embrouiller avec oui les entreprises qui payent…

Yann : La vraie bagarre, ce n’est pas tellement les 3 euros d’augmentation. La vraie bagarre c’est le bénéfice que la Région fait qui est ridicule alors que vraiment, ça coûtera encore plus cher à la communauté. Je vais vous dire que quelqu’un qui n’a pas de papier, qui n’a pas de ticket de transport, qui va éviter d’aller à l’hôpital parce que la peur peut-être de, faut savoir qu’il y a beaucoup d’étrangers qui ne connaissent pas bien comment ça se passe.

Sandra : Oui, dernièrement on a eu un exemple.

Yann : Et ils ont peur d’aller à l’hôpital parce qu’ils se disent quand je vais donner mes papiers ils vont voir que je ne suis pas reconnu sur le territoire. Donc ça, je dis que c’est faux. Dans les hôpitaux français, on soigne même les personnes sans papiers et surtout si c’est un cas urgent.

Donc, par rapport à l’économie, c’est vraiment une décision démago pour se ramener un petit peu de droite réac…

Sandra : Extrême droite peut-être.

Yann : Je ne sais pas, (je n’ai pas voulu le prononcer), de son côté alors que vraiment, encore une fois ce sont les personnes les plus faibles qui paient. J’ai un autre exemple comme ça que je trouve quand même largement dégueulasse. Je vais au parc Floral dimanche en 15 pour un hommage jazz à Alain Bashung. Je sors ma carte d’invalidité. Pour la première fois on me dit non monsieur, c’est payant. Je suis très étonné, je n’ai jamais payé le parc floral avec mon invalidité. Oui, alors sachez qu’Anne Hidalgo qui est passé faire tous les lieux culturels…

Sandra : Anne Hidalgo, maire de Paris.

Yann : Elle est passé faire tous les lieux culturels pour justement recentrer les tarifs de manière à ce que tout le monde s’y retrouve d’une manière un peu plus égal. Donc maintenant tout le monde paient un petit peu. Mais attention, avant les gens qui avaient de bonnes ressources payaient 6 euros. Il n’y avait de la gratuité que pour les retraités, que pour les invalides…

Sandra : Les chômeurs.

Yann : Maintenant, tout le monde paient 2,50 euros. Aller m’expliquer ce qui va changer dans la vie de quelqu’un qui a un bon salaire de payer 2,50 euros ou 6 euros. Alors que pour quelqu’un qui a entre 600 et 800 euros par mois, payer 2,50 euros, multiplié par le nombre d’enfants qu’il a ou par le nombre de personnes, nous, en tant qu’associations, on pouvait rentrer au parc floral, avec un papier expliquant qu’on était une association de personnes précaires malades. Pour ça, c’est terminé. Donc ça, c’est la seule mauvaise surprise. Mais je pense que tous les lieux ont dû changer. Ca, je crois qu’à un moment, il va falloir aussi le faire remonter à madame le maire.

Mohamed : Aussi, il y a une autre injustice qui m’a touché. C’est sur les migrants de Calais où ils s’en prenaient aux bénévoles et aux gens qui faisaient de l’humanitaire, pour pas aider les migrants, sous peine d’avoir des poursuites. Je trouve ça assez désolant et délicat. Déjà en région parisienne, ils n’ont pas de pass Navigo, mais comme a dit un calaisien, on ne peut pas les laisser sans manger, même s’ils n’ont pas d’hébergement, au moins qu’ils survivent avec une soupe. Le minimum quoi.

Yann : Mais moi ce que je dis aux gens qui disent : “Ouais, mais ils nous coutent des thunes”. Je réponds, “Mets-toi un petit peu à la place, tu pourrais être noir, juif et borgne tiens”.

Mohamed : C’est ce qu’il a dit Mélenchon. Nous, qu’est-ce qu’on ferait à leur place ? Si on serait en Syrie et qu’il faudrait qu’on se sauve, qu’est-ce qu’on ferait ?

Sandra : Et puis à l’époque, on a été migrant, enfin pas nous, mais quand il y a eu la guerre, il y a plein de français qui sont partis. Enfin bref.

Yann : Il y a du boulot !