Rubrique culturelle : la parole aux photos et aux livres !

, par Sandra

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Rubrique culturelle : la parole aux photos et aux livres !

Sandra : C’est maintenant la rubrique culturelle présentée par notre amie Yann. Je te laisse 10 minutes, désolée, j’ai raccourci ton temps mais c’est parce qu’il y a eu des échanges pendant l’émission et voilà !

Yann : Merci Sandra. J’ai envie de commencer par le texte que tu as pondu sur la quatrième de couverture de ton livre Jean-Marc.

9 ans de photo comme je l’entends. La musique a été le moteur de cette belle histoire. Les artistes, les porteurs de nos idées. De leur talent, ils dénoncent l’absurdité. Les bénévoles ont été l’énergie indispensable. Le public, la dynamique essentielle. Je suis fier d’être le témoin impérissable de cette belle aventure humaine. Sache aussi que je vais vivre bien longtemps et ma mission sera de montrer, de prouver qu’il est possible de rendre la vie belle dans ce monde bien abimé. Maintenant je suis à toi. (Il parle du livre). Tu vas pouvoir me toucher, me tourner, me retourner, me dévorer des yeux. Je vais passer ma vie avec toi et je vais te raconter en images 9 ans de festival Aubercail. Si tu prends soin de moi, je porterai ce message bien plus loin que tu ne pourras aller toi-même. On y va ?

Donc voilà, cette rencontre avec Aubercail, tu peux nous expliquer et comment tu es venu à la photographie ?

Jean-Marc : Alors, pour la photographie, ça doit faire à peu près 50 ans que je fais de la photographie donc, l’histoire vraiment de ce métier, j’ai toujours été… c’est marrant je regardais l’autre jour des photos, des vieilles photos de mes parents qui trainaient dans des boites à chaussures et je me regardais, j’étais gamin et j’avais toujours un boitier avec moi, j’étais toujours en train de photographier. C’est une passion qui est devenu mon métier. Donc ça j’en suis plutôt content et fier.

Yann : Oui, tu ne sais plus vraiment quel moment c’est arrivé.

Jean-Marc : Non. J’adore l’image, j’adore faire parler l’image et j’adore passer des messages grâce à l’image. J’aurais aimé être un photographe humaniste mais ça on n’a plus le droit maintenant. C’est un peu le souci de la photographie maintenant.

Yann : Il en reste quelques-uns.

Jean-Marc : Oui mais ils n’ont plus le droit de parler. Et ça c’est un peu ennuyeux, enfin c’est un autre sujet. Pour Aubercail, c’est marrant parce que je me suis retrouvée là-dedans… un jour Thomas Pitiot qui est à l’initiative de ce festival…

Yann : Qu’on a reçu aussi à l’émission de radio.

Jean-Marc : Voilà et que je remercie énormément, ainsi que Lionel Cohen qui a été son acolyte pendant quelques années. Et puis un jour il m’appelle, il me dit écoute Jean-Marc, enfin Nono parce qu’il m’appelle Nono, tu feras partie du festival et des bénévoles. Ok. Et ça a démarré comme ça. Donc il était pour moi évident que j’allais assurer la photo de ce festival, du début jusqu’à la fin. Enfin la fin, jusqu’à aujourd’hui puisqu’on fête les 10 ans du festival cette année. Voilà un peu l’histoire et pourquoi je me suis retrouvé là-dedans quoi. C’est plutôt un plaisir.

Yann : Nous, notre rencontre a été belle, vu que tu as réussi à prendre un cliché de mon groupe favori français où à un moment j’ai une espèce de… comment appeler ça ? Si tu veux il y a le chanteur du groupe Raoul Petite qui met la main comme ça sur ma tête, comme une bénédiction…

Jean-Marc : Oui je me rappelle très bien de cette photo.

Yann : Un cliché magique que j’ai acquis avec joie.

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Sylvie, je suis touchée de te recevoir. D’abord parce que tu aimes les livres et que tu me les fait encore aimer encore plus. J’ai envie aussi de venir vers toi parce qu’il n’y a pas une semaine où il ne se passe pas quelque chose dans ta librairie d’arts vivants je dirai. Et tu es très investie notamment, tu parlais des associations que tu reçois et que tu soutiens, tu es très investie notamment avec les Roms sur Saint-Denis, tu peux nous en dire un peu plus ?

Sylvie : En fait, je pense qu’on est investi dans la librairie avec toutes les associations, les Roms particulièrement dimanche dernier parce qu’il y a eu l’insurrection gitane qui est une insurrection qui se fait une fois par an à Saint-Denis. Ca fait 4 ans qu’on travaille avec eux et qui est un lieu magique, j’adore. C’est en extérieur, sur la place publique, devant la basilique et la mairie. Donc un lieu hautement symbolique, place Victor Hugo. Et du coup, il y a autant de débats… c’est très politique, débats politiques et spectacles politiques, chants politiques. Cette année il y a eu beaucoup eu autour des réfugiés et des Roms. Il y avait des Syriens, une partie de l’équipe des personnes qui se battent à la Chapelle, qui avait squatté l’école Jean Jaurès, pour essayer d’avoir un accès. Et donc il y a eu toutes ces paroles et il y avait au moins 200-300 personnes dans les débats publics dehors. Moi je pense qu’ils sont debouts depuis plus longtemps que nous je dirai et qu’ils sont l’avenir en tout cas dans la réflexion et dans la manière de le traiter. Il y a eu du flamenco, de la musique roumaine, un gitan espagnole qui est venu pour parler des arts martiaux. Moi ça me met une pêche, une patate après (rires). Je passe tout mon dimanche à vendre des livres, à les présenter, à en parler, à les faire lire. Et c’est très familiale. L’année prochaine, si vous avez l’occasion, c’est important.

Yann : Et j’avais une autre question un petit peu piège certes, si tu devais comme ça introduire dans un foyer, dans une famille, un livre traitant de la santé en général, est-ce que tu as comme ça une idée d’ouvrage qui t’a marqué où tu te dis tiens, c’est vraiment l’ouvrage… si tu veux moi avec mon âge avancée, on a tous croisé Laurence Pernoud je crois… je comprends que tu rigoles, c’est un petit peu la bible qu’on retrouve dans chaque foyer quoi…

Sylvie : Comment élever son bébé (rires). Alors moi dans les familles en général, c’est plutôt vers la littérature jeunesse que je me tourne ou la BD. Parce que je trouve que…

Yann : C’est une approche plus facile.

Sylvie : Bah, j’en lis plein moi et que je trouve que c’est fabuleux. Alors sur la question de la santé générale, il n’y en a pas beaucoup d’ailleurs sur le VIH, il y a très peu de choses pour les enfants, ce qui est bien dommage.

Yann : Il y a Céleste qui est un livre bien fait.

Sylvie : Oui. Mais je pense à un livre parce qu’il y a un petit garçon de la libraire qui est fréquemment hospitalisé et du coup c’est… “Boule à zéro”. C’est une BD qu’il adore et à chaque fois il l’emmène à l’hôpital et c’est lu avec tous les enfants.

Yann : “Boule à zéro” c’est par rapport aux cancers ?

Sylvie : Entre autres, mais en fait c’est des enfants hospitalisés… c’est un service pour les enfants hospitalisés et on suit cette petite fille en fait qui est boule à zéro et qui a des moments graves parce qu’il y a des enfants qui meurent. Je trouve que c’est un accès très simple et accessible à tous pour montrer… moi, ça m’émeut beaucoup en fait. C’est pour les petits mais en fait les grands peuvent la lire. Après je pense que je suis plus dans la littérature et je pense à un livre qui m’a beaucoup bouleversé, qui s’appelle “Végétal”, c’est un jeune… je ne me rappelle plus l’auteur… l’édition c’est l’Escampette, c’est un tout petit éditeur et c’est un petit texte très court qui a été trouvé après la mort d’un jeune de 18-19 ans après sa maladie. Et il appelait ça Végétal parce qu’il se transformait en végétal. Et il écrit ça avec des mots magnifiques. On en a fait des lectures à la librairie et ça fait partie des choses très fortes.

Végétal, d’Antoine Percheron, édition l’Escampette.

Yann : Merci Sylvie. Euuh…

Sandra : Ton titre Yann ? Je vois que tu as l’air bouleversé par… ému je dirai plutôt.

Yann : Oui. Le titre c’est “La rue” de Cortex. C’est un groupe que j’ai découvert complètement par hasard parce qu’en fin de compte il s’est crée en 1974, c’est deux musiciens français. Quand j’ai regardé sur Wikipédia, c’est fusion funk français tout ça. Je n’ai pas ressenti ça vraiment. Mais en tous les cas la personne, le disquaire qui me l’a conseillé, c’est parce que quand j’ai été acheté ce disque, je lui parlais de l’envie que j’avais, moi j’aime beaucoup les groupes vocaux, jazzy, comme les doubles 6. Et d’un seul coup il me dit il y a Cortex qui vient de ressortir, c’est génial. Je suis rentré à la maison et effectivement, ils ont arrêté leur carrière en 1974-1986 et du fait que finalement ça a marqué je pense et influencé beaucoup de musiciens par la suite, il y a une réédition. Donc vous pouvez retrouver l’album de Cortex et le morceau que je vous ai choisi c’est “La Rue”.

Sandra : Super, on termine l’émission en musique.

Alexandre : Je voulais juste rappeler le titre du livre de Jean-Marc, c’est “Le visage des mots dits”, de Jean-Marc Coquerel.

Transcription  : Sandra JEAN-PIERRE