Jennyfer : « Depuis que ma fille est née, j’ai la phobie des voitures »

, par Sandra

Jennyfer : Le 13 avril, moi j’avais confié ma fille de 16 mois à mes parents. Elles ont été manger McDo, c’était la journée fête un peu, ils étaient contents. En fait ils ont décidé d’aller acheter une paire de chaussures à ma fille en ville. Donc ma tante m’appelle pour me demander si je veux y aller avec eux. Je m’apprêtais à manger. Elle me dit qu’ils me la ramènent juste après. Moi je reste chez moi, j’attends, je me dis qu’ils ne devraient pas tarder. D’ailleurs j’ai une copine qui m’envoie un message : alors, ils sont rentrés ? Je dis non mais ils ne devraient pas tarder. Et là après il y a l’interphone qui sonne, c’est ma tante, toute rouge. Donc j’ouvre, elle monte chez moi. J’ouvre la porte, elle me donne ma fille dans mes bras. Elle a du mal à prendre son souffle, elle m’explique qu’en fin de compte, ils n’ont pas acheté de chaussures, ils se sont fait renverser par une voiture en traversant. Mon père était à l’hôpital, elle, elle ne s’est pas fait ausculter ma tante. Elle m’explique que ma fille s’est retrouvée entre la roue avant et la roue arrière de la voiture sur le côté. Donc vraiment, si la voiture avait bougé, avancé ou reculé ma fille ça se trouve elle ne serait vraiment plus là. Donc mon père a eu l’omoplate cassée, etc. Un traumatisme il semble aussi.

La voiture en fait, c’était une dame, une commerçante qui est dans ma rue. Une commerçante qui tient un bar ici. Apparemment il y a eu problème au niveau de la police, de la gendarmerie et des pompiers parce que le pompier a dit de partir avant à la dame donc en fait, il n’y a pas de délit de fuite parce qu’elle a appelé les pompiers mais elle n’a pas été vue par les gendarmes. Il y a les assurances qui sont en marche mais voilà, moi je trouve ça inadmissible. Pas de contrôle d’alcoolémie, ou drogue, alors qu’il y a des blessés. Il y avait un enfant aussi. Ce jour-là, j’aurais très bien pu perdre ma fille ou mon père. C’est vrai que ça fait un peu peur. Ça remet un petit peu que la vie est précieuse.

Quand elle me l’a ramenée, ma fille n’avait pas de fracture rien. Elle était traumatisée en fait, un peu choquée. Donc pendant 3 heures elle ne marchait pas après l’accident. Après très nerveuse les jours d’après. Mais là, elle va bien. C’est cool pour elle. Elle est contente de vivre, c’est sûr que ça se voit. Capricieuse aussi (rires). Elle n’a rien eu heureusement Dieu merci. C’est mon père qui a tout pris en fait. Il y avait sa chaussure à elle qui était décollée, etc mais ça a vraiment été plus traumatisant le choc que des blessures réelles.

Sandra : Et ton papa, comment il va ?

Jennyfer : Faut que ça se remette doucement. Vu qu’il a du diabète aussi, on espère que ça va bien se remettre comme il faut pour l’omoplate et tout ça. Il faut qu’il se repose. Mais bon, il en a au moins pour 2-3 mois d’arrêt facile. Donc perte de salaire, etc. Normalement l’assurance de la nana qui l’a renversé devrait prendre en compte la perte de salaire de mon père. Ce ne sera pas pareil mais normalement l’assurance, vu qu’il y a eu blessure, il y a ma fille aussi qui a été examinée, elle a eu des radios et puis elle a été perturbée. Mon père pareil. Donc normalement, l’assurance devrait indemniser un mois minimum. Ça ne va pas être des sommes, ça ne peut pas être une somme énorme mais un minimum. Mais bon, après la gendarmerie a reconnu ses torts. On n’a rien fait contre eux mais on aurait très bien pu parce qu’ils ont mal fait leur travail quand même.

Depuis que ma fille est née, j’ai la phobie des voitures. Je ne veux même plus passer mon permis. Dès que je suis en voiture, je panique un peu. Tout à l’heure par exemple, en allant au tabac, c’est vrai que je fais encore plus attention, je suis un peu en stress. Limite pour traverser je cours avec la poussette (rires) pour me dépêcher, on ne sait jamais. Après, il ne faut pas non plus être parano. Ça peut arriver, on ne peut pas le contrôler non plus. C’est comme ça, ce n’est pas de leur faute. C’est sûr que ça fait un peu peur, un peu beaucoup. Jusqu’à 18 ans je vais lui tenir la main (rires).

Transcription : Sandra JEAN-PIERRE