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24.09.2026

Le VIH n’a pas disparu. La campagne du 1er décembre ne doit pas disparaître non plus.

Annulation de la campagne nationale VIH 2026 : un recul alarmant pour la santé publique

C'est une décision qui provoque la colère et l'incompréhension des acteurs de terrain. Faute de financements, la campagne nationale annuelle de prévention du VIH — traditionnellement déployée par Santé publique France autour du 1er décembre — n'aura pas lieu en 2026. Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Santé et au directeur général de Santé publique France, plus de 80 associations, centres de santé et sociétés savantes réclament son rétablissement immédiat.

Une décision en contradiction avec les objectifs de la France

Alors que la France s'est engagée à éliminer la transmission du VIH d'ici 2030 dans le cadre de sa Stratégie nationale de santé sexuelle, la suppression de ce rendez-vous majeur envoie un signal très inquiétant.

La campagne du 1er décembre, organisée lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida, ne relève pas de la simple communication : c’est un outil majeur de santé publique. Elle permet de diffuser une information fiable, de lutter contre la stigmatisation des personnes vivant avec le virus et d'orienter vers le dépistage des publics parfois très éloignés du soin.

Cette décision intervient alors même que le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) appelait récemment à une « remobilisation » des pouvoirs publics et que le gouvernement s'engageait sur un plan national contre la sérophobie. Pour les signataires de la tribune, abandonner cette campagne revient à marcher dans les pas de l'administration américaine, qui a elle aussi coupé les crédits de ce temps fort de mobilisation.

Le VIH n'a pas disparu : des chiffres qui appellent à la vigilance

Les données épidémiologiques récentes rappellent que l'épidémie reste une réalité bien vivante sur le territoire :

  • 3 400 contaminations et environ 5 100 découvertes de séropositivité en une année (2024), un chiffre qui ne baisse plus.
  • 43 % des diagnostics interviennent à un stade tardif.
  • 9 700 personnes vivraient avec le virus sans le savoir.
  • + 41 % de découvertes chez les jeunes de 15 à 24 ans sur la période 2014-2023.

De nouveaux outils de prévention qu'il faut faire connaître

L'annulation de la campagne tombe d'autant plus mal que l'arsenal de prévention s'enrichit. La PrEP injectable à longue durée d'action est désormais disponible et prise en charge par l'Assurance maladie. Si cette avancée médicale représente une opportunité majeure, son efficacité réelle dépendra de la capacité de l'État à la faire connaître et à en garantir l'accès.

L'appel des mobilisés

Rassemblées au sein du Collectif des 10 choix politiques pour en finir avec le sida, les associations et réseaux signataires — parmi lesquels le Comité des Familles, AIDES, Sidaction, Act Up ou encore la Société Française de Lutte contre le Sida — demandent un arbitrage d'urgence :

« Si la France veut en finir avec le sida, elle ne peut pas renoncer à informer, prévenir et dépister. Le VIH n’a pas disparu. La campagne du 1er décembre ne doit pas disparaître non plus. »

Le collectif exige le rétablissement d'une campagne nationale pérenne dès 2026, co-construite avec les associations de terrain et les personnes vivant avec le VIH, afin de préserver les chances d'atteindre l'objectif « zéro nouvelle contamination » d'ici 2030.

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