10.05.2022
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PrEP : 4 personnes sur 10 l'arrêtent au bout de six mois

Une grande étude mondiale sur la prophylaxie pré-exposition (PrEP), qui prévient une infection par le VIH, révèle que 41 % des patients stoppent leur traitement au bout de six mois.

Disponible en France depuis décembre 2015 et remboursée à 100 % depuis janvier 2016, la prophylaxie pré-exposition (PrEP) est un traitement capable d’empêcher l’infection des cellules par le VIH. Elle est commercialisée sous le nom Truvada® et ses génériques. 

Le traitement est efficace, s’il est pris correctement et durablement. Or, une nouvelle étude sino-américaine publiée en avril dans The Lancet VIH et relayée par Aidsmap et Seronet, démontre que 41% des patients l’arrêtent au bout de six mois.

Un traitement utilisé à court terme 

Pour arriver à ce pourcentage, les scientifiques ont effectué une méta-analyse de 59 études impliquant au total 43 917 personnes. En d’autres termes, ils ont lu et examiné les résultats de 59 études portant sur le taux d’abandon de la PrEP. Les recherches se sont intéressées aux personnes prioritaires pour l’accès à la PrEP - hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH), personnes trans, travailleuses du sexe, usagers de drogues. Mais aussi aux personnes hétérosexuelles. D'ailleurs, les chercheurs ont remarqué que les taux d'abandon étaient beaucoup plus élevés dans les études portant sur les hétérosexuels. Parmi ce public, 72% arrêtent le traitement au bout de six mois. 

En revanche, dans les quelques études qui ont continué même après l'arrêt de la PrEP, 47 % des personnes suivies pendant plus d'un an l'ont finalement recommencée.

Les raisons des arrêts

Ce traitement est efficace comme le prouvent de nombreuses études. Depuis les premiers jours de sa disponibilité de la PrEP aux États-Unis, chez les HSH, la prise de quatre doses ou plus par semaine était suffisante pour prévenir l'infection par le VIH. Les infections par le VIH sont très rares chez les personnes qui maintiennent un niveau d'adhésion. Prise avant et après un rapport, la PrEP est tout aussi efficace chez les HSH. 

Alors pourquoi autant d’arrêt ? Dans les études qui ont interrogé les personnes, les deux principales raisons étaient les effets indésirables et le fait que les patients estimaient que leur risque de contracter le VIH était faible. Une des études, menée au Kenya, a révélé que plusieurs participants ont commencé la PrEP lorsque leur partenaire a été diagnostiqué séropositif au VIH et l’ont arrêté une fois la charge virale de leur amant supprimée. 

Il est important pour le personnel soignant de prendre en compte ces chiffres, notamment pour que les personnes les plus à risque ré-adhèrent au traitement. Pour les chercheurs, “les stratégies visant à encourager la réactivation de la PrEP en cas de risque nouveau ou persistant devraient être au centre de la future mise en œuvre de la PrEP”, concluent-ils. 

Sources : 

  • Zhang J et al. Interruption, observance sous-optimale et réinitiation de la prophylaxie pré-exposition orale au VIH : examen systémique mondial et méta-analyse. The Lancet VIH 9 : e254-68. Avril 2022. http://www.doi.org/10.1016/S2352-3018(22)00030-3 .
  • “Four in ten PrEP recipients stop taking it within six months, global meta-analysis reveals”, Aidsmap, 20 avril 2022. 
  • Prep : pourquoi autant d’arrêts ?”, Seronet, 2 mai 2022. 

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