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Une femme aurait éliminé naturellement le VIH de son organisme

Une femme aurait éliminé naturellement le VIH de son organisme

Des chercheurs rapportent le cas d’une femme diagnostiquée séropotive au VIH en 2013 dont ils ne retrouvent plus aucune trace du virus dans son organisme. 

La « patiente d’Esperanza »

Un article publié le 15 novembre dans les Annals of Internal Medicine fait parler. Des chercheurs argentins et américains rapportent le cas d’une patiente qui aurait “guéri naturellement du VIH grâce à son système immunitaire”. Sans traitement, ni greffe de cellules souches. 

Cette femme a été diagnostiquée séropositive au VIH en 2013. Elle n’a jamais suivi de traitement sauf lors de sa grossesse pour éviter la transmission de la mère à l’enfant. 

Ses médecins la surnomme désormais “la patiente d’Esperanza”, ville où elle habite.

Plusieurs hypothèses étudiées

Une équipe de l’Institut de recherche biomédicale sur les rétrovirus et sida de l’université de Buenos Aires (Argentine), associés au Ragon Institute of the Massachusetts General Hospital et Brigham and Women’s Hospital ont suivi cette patiente. Ils ont cherché dans son ADN, des traces du VIH-1. Pour ce faire, ils ont collecté ses cellules entre 2017 et 2020. Plus précisément, 1,1 milliard de cellules sanguines et 503 millions de cellules de son tissu placentaire. Résultat : la patiente ne montre aucun signe de VIH intact dans un très grand nombre de ses cellules. 

“Cette femme fait partie des 1 % de personnes infectées par le virus dans le monde et qui le contrôlent naturellement”, indique à Libération le professeur Rozenbaum. Comme le rappelle le co-découvreur du virus VIH, certains patients arrivent à contrôler l’infection sans médicaments. Chez ces individus “si le virus ne se reproduit pas, on retrouve pour autant des traces de sa présence. Là, chez cette patiente, c’est différent.”

À ce stade de la recherche, il n’est pas possible de prouver que c’est l’immunité de la patiente qui a permis d’éliminer le virus de l’organisme. “Ils ont effectué trois prélèvements. Des prélèvements qui ont été congelés – et on ne peut exclure que cela entraîne des changements. Ensuite, ils ont fait un énorme travail virologique de recherche et ils n’ont rien retrouvé.” Pour l’heure, toutes les hypothèses sont possibles. “Peut être a-t-elle été infectée par un virus dit défectif, c’est-à-dire un virus qui ne se reproduit pas. On n’en sait rien. Le virus a peut-être muté aussi, tout est possible.”

Les auteurs restent optimistes. « Cela nous donne l’espoir que le système immunitaire humain est suffisamment puissant pour contrôler le VIH et éliminer tout le virus fonctionnel », affirme le Dr Xu Yu, l’un des auteurs de l’étude, à CNN. C’est une possibilité. Pour l’heure, les chercheurs ne peuvent rien affirmer. 

Une piste pour de futurs traitements

À ce jour, un seul patient a obtenu ce qu’ils appellent “une cure stérilisante ». Sans greffe de cellules souches, ni traitements. C’est “le patient de San Francisco”. D’autres patients sont en rémission voire sont considérés comme guéris du sida. Mais cela a été possible seulement grâce à une greffe de cellules souches. On les surnomme les patients de Berlin et de Londres. 

S’agit véritablement d’un second cas d’élimination naturelle du virus VIH ? Si c’est le cas, cela signifie “qu’il peut y avoir une voie pour activer la cure stérilisante chez les personnes qui ne sont pas capables de le faire elles-mêmes”, observe le Dr Xu Yu. Trouver cette voie pourrait orienter les scientifiques vers de nouvelles pistes thérapeutiques. Et peut-être un jour proposer non plus un traitement qui rend le virus indétectable comme c’est le cas des antirétroviraux actuels, mais bien de supprimer le VIH de l’organisme.

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