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Une première colocation pour migrants LGBTQ+ inaugurée à Paris

Une première colocation pour migrants LGBTQ+ inaugurée à Paris

Source Têtu

Après avoir fui leurs pays où ils étaient persécutés à cause de leur orientation sexuelle ou leur identité de genre, deux demandeurs d’asile et un réfugié LGBTQ+ ont trouvé refuge dans un appartement du quartier de Belleville, grâce à l’association Basiliade et à la ville de Paris.

« Avoir cet appartement, c’est le paradis sur Terre », s’exclame Thomas*, le sourire aux lèvres. Le jeune homme de 18 ans est demandeur d’asile. Il vit en colocation depuis environ un mois dans le 20ème arrondissement de Paris, dans un T4 de 70m2. « Je ne m’attendais pas à ça… Je suis très content, fier de l’association Basiliade. Ici, c’est chez nous et on s’entend bien tous les trois. » 

Thomas vit avec deux autres jeunes hommes LGBTQ+, l’un demandeur d’asile et l’autre réfugié. Ils sont désormais logés grâce à l’association Basiliade et à la Ville de Paris, qui leur met à disposition cet appartement via son bailleur social Elogie-Siemp. Les six premiers mois de loyers sont payés par l’association Abbé Pierre. 

Le logement est neuf, lumineux. Chacun des trois garçons dispose d’une chambre avec un lit double et des draps propres. Pour partager des moments en commun, ils ont le choix entre le salon, la petite cuisine et la terrasse. Exceptionnellement, une quinzaine de personnes, officiel.les de la ville de Paris et représentant.es des différentes associations qui portent le projet de ce logement collectif, y sont rassemblées. Tout le monde discute, en grignotant quelques chips.

À l’intérieur, sur le petit canapé de la colocation, Thomas raconte son histoire pour Têtu. La joie qui émane de son visage contraste avec la larme, à l’encre, qui coule pour toujours sur sa joue. « Ce tatouage symbolise mes souffrances. Ça veut dire que je ne vais jamais oublier le jour où mes parents m’ont renié à cause de mon homosexualité. » En 2015, il a quitté son pays, la Côte-d’Ivoire, pour rejoindre ses parents en France. « Là bas, on me disait “tu es un PD”, on me discriminait. Ici être homosexuel, c’est légal. »

Malheureusement, arrivé en France, Thomas n’était pas au bout de ses peines. Fin 2018, alors qu’il vivait encore chez sa famille, son père a découvert son compte Grindr. « Il a vu mon profil, les photos que des mecs m’envoyaient, à moitié nus. J’en ai la chair de poule rien que d’y repenser. » La voix de Thomas, normalement si enjouée, se casse. Il raconte à demi-mot comment ses parents l’ont mis à la porte et ont refusé de lui donner les papiers nécessaires à sa demande d’asile à la préfecture. À 16 ans, il s’est retrouvé à la rue, ballotté entre des logements temporaires chez des amis et des collègues.

Cette colocation est donc pour le jeune homme le premier pas vers une vie plus stable. Surtout, Thomas se sait en sécurité : il vit exclusivement avec des jeunes adultes au parcours similaire au sien. Demandeurs d’asile ou réfugiés, les trois garçons ont dû s’exiler de leur pays par crainte de persécutions en raison de leur orientation sexuelle.

« L’idée, c’était de construire et mettre en place des appartements LGBTQ+ non-mixtes pour les personnes les plus précaires », explique Noemi Stella, à l’origine du projet. La jeune femme réalise une recherche-action avec l’association Basiliade, au sujet de la précarité des personnes LGBTQ+ de 16 à 35 ans en Île-de-France. Depuis deux ans, Noemi accompagne en tout 37 personnes LGBTQ+ précaires, dont les trois colocataires qui viennent de s’installer dans l’appartement.

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